Créer un blog Présentation

Nom du blog :
lettraugranier
Description du blog :
Une année de préparation du bac au lycée du Granier
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
16.07.2007
Dernière mise à jour :
07.06.2008
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· jacques le fataliste (6)
· le guépard (10)
· perrault doré (9)
· roméo et juliette (5)

Navigation

Accueil
Livre d'or lettraugranier
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· séquence roméo et juliette
· Engagement de Jacques le fataliste
· les narrateurs dans Jacques le fataliste
· le duel dans roméo et juliette
· biographie de denis diderot
· peut-on résumer JF?
· incipit jf
· maître et valet dand jf
· laurent et le baroque
· Gousse

Statistiques



Ajoutez aux favoris 20 derniers commentaires

X X X X X X
10.07.2008
RATTRAPAGE
06.07.2008
demande
26.05.2008
romeo et juliette
18.05.2008
demande d'aide si possible
16.05.2008
comment se passent les cours
06.05.2008
Simple allusion à votre cours du 28/04
01.05.2008
yhr
07.04.2008
je galere sur mon exposé sur la querelle familiale
02.04.2008
merci
27.03.2008
(mon email)
28.02.2008
Du fond du coeur merci
28.02.2008
EcrireSonLivre.com
20.02.2008
jacques le fataliste
18.02.2008
super
17.02.2008
super
17.02.2008
salut
16.02.2008
bien.
12.02.2008
bien.
12.02.2008
proposition
12.02.2008
RSS

Blogs à découvrir :

· parolimage
· lescritiqueslitterairesdequentinclement
· bloghardi
· clameurs
· histoirescourtes
· lesableausablier
· cahierscotentin
· classebacasable
· diluc
· lemondedappossai



dissertation seconde: lire un livre qui nous éloigne du monde ou nous y ramène?

dissertation seconde: lire un livre qui nous éloigne du monde ou nous y ramène?

Posté le 02.04.2008 par lettraugranier
Dans Madame Bovary, Gustave Flaubert raconte comment le personnage principal, Emma Bovary, cherche à s’évader de l’univers décevant de la campagne normande, où son médiocre mari Charles exerce la fonction de médecin, en multipliant les lectures, les romans dépaysants ou romantiques, éloignés de son quotidien. Coupée du réel, l’héroïne finira cependant par poursuivre un idéal purement littéraire qui lui échappera sans cesse et, lassée de cette quête toujours décevante, se donnera finalement la mort. la question, sans qu’elle ne prenne un tour aussi dramatique, peut se poser pour chacun d’entre nous : lire, on le répète assez, est à la fois un loisir et une nécessité ; mais faut-il préférer les ouvrages qui nous éloignent de ce que nous vivons au quotidien ou, au contraire, privilégier ceux qui nous renvoient aux réalité que nous côtoyons tous les jours ? Afin de répondre à cette question, nous verrons que, certes, on peut aimer lire pour échapper à ce que l’on connaît, mais que, toutefois, la littérature en prise avec le monde réel peut nous apporter beaucoup. Faut-il cependant opposer aussi rigoureusement ces deux logiques ? Nous verrons dans une troisième partie que, souvent, les livres qui nous semblent les plus éloignés de nous ne nous parlent en fait que de ce qui nous entoure.

Il est tout d’abord légitime d’aimer lire pour s’évader.
Certains ouvrages nous permettent ainsi de découvrir des horizons qui nous demeurent inconnus ; ils nous dépaysent et satisfont notre curiosité en nous présentant des contrées, ou des époques qui ne correspondent pas à ce que nous vivons. La lecture peut être ainsi documentaire et sera perçue comme un gage d’ouverture culturelle, d’ouverture à l’autre, à l’inconnu. C’est une dimension que l’on retrouve dans nombre de romans étrangers : Shirombamba d’Inoué nous plongera dans un Japon traditionnel où la nature joue une importante place, où l’enfant qui raconte ses souvenirs sera sensible au vol des papillons et retracera la grâce de la cérémonie du thé ; c’est tout un précis de sagesse orientale qui prendra alors jour sous nos yeux. Sans doute encore nous sera-t-il possible d’apprendre sur le monde et l’étranger en parcourant les récits de voyage romancés de Nicolas Vanier, comme Le Dernier Trappeur, qui narre la dernière saison d’un homme dans le Grand Nord canadien, ou ceux de Nicolas Bouvier, de jacques Lacarrière. L’Eté grec, par exemple, raconte les voyages de l’auteur dans le Péloponnèse ou en Crète ; en chemin, nous nous arrêtons dans les monastères des Météores, de ces moines ascétiques vivant seuls dans des grottes perchées dans les montagnes, sur le choix desquels l’auteur médite. Lire, c’est donc une porte ouverte au voyage, à la découverte, et seuls les livres les plus éloignés de ce que nous vivons nous permettront de réellement enrichir notre connaissance de l’autre.
Lire des ouvrages qui ne nous renvoient pas à notre quotidien permet également de nous rendre compte combien d’autres hommes vivent des expériences différentes des nôtres. C’est alors notre propre vie que l’on peut placer en miroir, dont on jugera soit les manques, soit au contraire les avantages. Germinal d’Emile Zola, même s’il n’est pas un roman à proprement parler exotique, présentera au plus grand nombre une réalité inconnue, celle des mineurs au XIXème siècle. L’ouvrage possède un caractère sociologique certain : c’est toute la misère d’une classe sociale exploitée qui est ici représentée, à travers le destin d’Etienne Lantier. On jugera de la difficulté d’une existence sans cesse menacée par l’accident, d’un travail quasi inhumain qui broie l’homme, à l’image de cette mine qui, comme un Minotaure, engloutit tous ceux qui s’aventurent dans ses entrailles. Et sans doute un lecteur contemporain pourra-t-il alors juger des avancées acquises depuis la fin du XIXème siècle, d’un confort dont il convient sans doute ne pas négliger la portée. Lire, c’est aussi être confronté à l’autre et ainsi, évaluer à plus juste mesure ce que nous vivons au quotidien.
Enfin, la lecture d’ouvrages qui nous éloignent de ce qui nous entoure nourrira naturellement notre propension au rêve, à l’évasion. Elle suspendra un moment notre appartenance au réel pour nous projeter dans des univers autres, et c’est tout notre quotidien qui s’effrite peu à peu et finit par disparaître, le temps de parcourir quelques pages. Un texte court peut suffire à nous faire nous évader : le poème le « Bateau ivre » de Rimbaud nous fera ainsi voguer au grès des courants, sur une mer imaginaire, à la fois grandiose et dangereuse, où l’on croise les « léopards à peu d’homme » et, même si l’on en revient à l’ « Europe aux anciens parapets », c’est bien notre monde que l’on a laissé derrière nous pour parcourir l’imaginaire, celui du poète étant en l’occurrence bien plus riche que le monde réel. A plus grande échelle, le roman peut nous plonger dans un temps autre, dans un univers étranger : pensons aux grands romans russes, comme Guerre et Paix de Tolstoï : la lecteur se retrouvera plongé dans une grande fresque historique, dans la Russie en guerre, bien éloigné de ce qu’il vit au quotidien, de ses obligations ou de ses habitudes. Un livre est bien ce bateau ivre qui nous emmène au loin et suspend notre rapport au réel.

Lire, si l’on accepte de diversifier ses sources et de s’ouvrir à l’inconnu, c’est donc découvrir, comparer, rêver. Ce n’est bien sûr pas le seul intérêt de cette activité mais encore faut-il également parcourir des ouvrages qui nous parlent plus directement de nous pour saisir que lire, c’est aussi une occasion de réfléchir à ce qui nous entoure.
On peut tout d’abord lire un livre qui nous parle d’un monde connu et, tout à coup, découvrir l’intérêt de ce que l’habitude nous amène à ne plus voir, où à négliger la valeur. C’est sans doute une des fonctions de la poésie par exemple. Prenons le cas de Francis Ponge : il s’agit bien d’un auteur que l’on pourrait classer dans la catégorie des « poètes du quotidien » puisqu’il choisit de donner « le parti pris » aux choses, selon le titre de son recueil, c’est-à-dire de parler de tous ces objets que, à force de nous en servir, nous ne discernons même plus : le pain, l’éponge… et c’est alors toute la richesse du monde qui nous entoure qui se fait jour à nouveau. L’huître n’est plus par exemple une sorte de cailloux contenant une bestiole visqueuse dont certains se régalent, c’est une sorte de mystère qu’il faut prendre le temps d’ouvrir pour découvrir une mer coiffée d’un ciel de nacre. Le lecteur de Proust aura de semblables révélations : et, en lisant A la recherche du temps perdu, il se rendra compte de la beauté d’un buisson d’aubépines, de la grâce de pommiers « les pieds dans la boue », de l’émotion même que peut susciter un avion qui s’envole dans le ciel. Nous oublions combien notre monde est beau et c’est bien le rôle de la littérature de nous le rappeler… mais aussi de la peinture : les pommes deviennent œuvres d’art sous le pinceau de Cézanne, des nénuphars se nimbent d’un lueur sans cesse changeante dans les Nymphéas de Monet. L’art nous offre donc un regard neuf à porter sur notre quotidien.
Lire peut aussi nous aider à mieux comprendre la société qui nous entoure. L’auteur, souvent, a réfléchi sur le monde et l’ouvrage qu’il écrit est le fruit de ce travail d’interrogation de la société qu’il ne cesse de mener. On pourra contester l’idéologie de Houellebecq par exemple. Il n’en reste pas moins que ce qu’il écrit nous permet de cerner une société individualiste, où chacun cherche cyniquement à trouver du plaisir, même si la morale et la considération d’autrui sont mis entre parenthèses. C’est ce que l’auteur développe par exemple dans Plateformes, un ouvrage sur le tourisme sexuel en Asie. François Bon, quant à lui, réfléchit sur le monde de l’entreprise, notamment avec le livre Daewo. Et, puisque l’on parle actuellement beaucoup de mai 1968 et de son héritage, on pourra consulter le roman autobiographique Tigre de papier où Olivier Rollin met en balance les interrogations d’une jeune fille des années 2000 avec les idéaux d’un groupe de trotskistes des années 1970. De tous temps, il s’est trouvé des auteurs pour se faire le reflet de leur époque : Zola en son temps ; Houellebecq ou Despentes de nos jours. Lire leurs écrits, c’est donc profiter de leur regard sur le monde et tenter de cerner les mécanismes qui nous entourent, que l’on adhère où non à la vision du monde de ces auteurs.
Enfin, il est évident qu’on lira avec d’autant plus de facilité un livre dont l’on sente qu’il nous parle de nous, où l’on pourra se retrouver, par exemple, dans le héros : encore faut-il que celui-ci soit suffisamment proche pour que l’on puisse s’identifier à lui. Ce phénomène fort naturel explique le goût de bon nombre de lecteurs pour les ouvrages qui leur semble leur parler d’eux : romans d’adolescents pour bon nombre de lycéens ; ouvrages d’Anna Gavalda ou de Marc Lévy, dont le succès semble reposer sur une projection du lecteur dans les intrigues –souvent sentimentales- narrées par les auteurs. A un niveau plus profond, un livre que l’on sentira proche nous permettra de réfléchir sur nous même. Nous ne vivons plus certes dans l’Allemagne de l’entre-deux-guerres mais le monde décrit par Hermann Hesse dans Le loup des Steppes peut ainsi nous être suffisamment familier pour que l’on se reconnaisse dans Harry, le protagoniste, à la recherche d’un idéal de bonheur dans une société matérialiste et bourgeoise qu’il ne comprend guère. Un ouvrage proche de nous nous permettra d’autant plus facilement d’y pénétrer et de nous interroger, de nous reconnaître et de projeter sur nous-mêmes les interrogations de l’auteur.

Il est donc intéressant de ne pas négliger les livres en prise directe avec le monde connu. Faut-il cependant penser que l’opposition soit si forte avec ces ouvrages qui semblent nous éloigner du quotidien ? En d’autres termes, l’altérité ne nous renvoie-t-elle pas d’une quelconque façon à ce que nous connaissons ?
Notons tout d’abord que bon nombre d’ouvrages apparemment originaux ou éloignés du monde réel sont en fait des livres qui, sous couvert de parler d’autre chose que de nos sociétés réfléchissent sur ces dernières. C’est le cas de bon nombre de romans d’anticipation. Fahrenheit 451 de Bradbury nous parle d’une société apparemment étrangère, où les pompiers brûlent les livres. Ce n’est là cependant qu’un reflet d’une civilisation qui refuse la réflexion, privilégie la télévision et oublie que lire, c’est aussi partager les opinions de l’autre. 1984 de Georges Orwell nous plonge de la même façon dans un futur étrange. Etrange ? pas si sûr cependant : la phrase « big brother is watching you » nous renvoie à une société de la surveillance, où l’on pense être libres et où l’on est en fait manipulés et où l’on vous force à adopter un mode de vie dont nombre ont jugé pour vous de la pertinence. Ce sont bien les menaces qui pèsent sur notre société qui sont mises en avant ; l’étrangeté ne fait que nous renvoyer à ce que nous vivons.
De plus, il serait sans doute caricatural de penser que l’autre, celui qui, de toute évidence, ne me ressemble pas, ne puisse pas présenter des similitudes avec moi. C’est tout le sens du livre d’André Malraux La Condition humaine qui nous montre que, Français ou Indochinois, nous avons tous les mêmes préoccupations d’êtres humains, tous le même besoin d’action et les mêmes doutes. Lire un livre sur une civilisation étrangère amènera bien souvent à découvrir qu’il n’y a au final, malgré les différences de coutumes, pas des individus exotiques les uns pour les autres, mais une même espèce humaine : les frères Karamazov, dans le roman de Dostoïevski, sont russes, indubitablement, mais leur folie est aussi celle du lecteur, leurs interrogations amoureuses peuvent être partagés par delà les frontières. Nous sommes « frères humains », comme le dit Albert Cohen et, malgré ce qui peut nous séparer, partageons les mêmes espoirs, les mêmes peurs, les mêmes joies.

Bien sûr, on peut lire pour se projeter ailleurs que dans ce que nous vivons tous les jours ; on peut lire, au contraire, pour essayer de mieux comprendre ce qui nous entoure. Dans les deux cas, c’est toujours notre image que renvoie un livre : c’est toujours à nous que nous réfléchissons quand nous rencontrons une personne différente ou, au contraire, un personnage dans lequel nous nous reconnaissons. Semble donc se vérifier la fameuse phrase de Stendhal dans Le rouge et le noir : « lire est un miroir et de l’auteur, on est toujours, comme l’exprime Charles Baudelaire, le « semblable », le « frère ».



--


:: Poster un commentaire

Votre nom : *
Votre adresse email : *
Titre du commentaire : *
Votre commentaire : *
Votre centerblog : http://.centerblog.net

Code de validation

CAPTCHA Image

Pour valider votre commentaire, vous devez recopier ci-dessous le chiffre que vous lisez sur l'image à gauche :

 

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus