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lettraugranier
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Une année de préparation du bac au lycée du Granier
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Date de création :
16.07.2007
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la circularité dans le guépard

la circularité dans le guépard

Posté le 14.05.2008 par lettraugranier
La circularité dans Le Guépard
- La vie du prince et des siciliens est marquée par le rituel : ce sont toujours les mêmes actions qui reviennent, ce que Fabrizio explique à Chevalley par la naturelle propension des Siciliens à se sentir supérieurs aux autres et donc à ne pas vouloir changer. ce sont presque des pèlerinages que la famille Salina effectue ainsi chaque année. Au mois d’août, on se déplace jusqu’à Donnafugata, en suivant un trajet toujours similaire et éternellement recommencé (mêmes haltes, le Prince est accueilli tous les ans de la même façon, malgré les « événements » du mois de mai) et on s’y adonne toujours aux mêmes occupations : premier dîner soigné (« le prince avait toujours veillé à ce que le premier dîner à Donnafugata revêtît un caractère de solennité »), visite annuelle au couvent, partie de chasse avec Tumeo… Le peuple sicilien dans son ensemble est lui aussi marqué par ce déroulement rituel, qui est marqué par les commémorations qui ramènent toujours le passé et l’actualise : célébration de la mort du père de Pironne ; la journée se déroule exactement de la même façon depuis quinze ans et même le climat semble ne pas avoir changé (« comme quinze ans plus tôt, la journée était limpide »), de même que l’on sert le sempiternel ragoût, inchangé depuis plus d’une décennie. Les nouveaux événements eux-mêmes rentrent à leur tour dans ce système de la commémoration : à la fin du livre, on célèbre le cinquantenaire du débarquement de Garibaldi, comme si même la nouveauté introduite par l’arrivée des piémontais était récupérée par cet état d’esprit sicilien, cette volonté de revivre le passé plutôt que d’accepter le présent.
- Aussi est-il logique que les déplacements effectués par les personnages soient eux aussi circulaires. On en revient toujours aux mêmes endroits (pour Pironne : « il retournait à San Cono »). Le Prince ne cesse lui aussi de parcourir des endroits qu’il connaît et fait toujours retour dans son île : il se déplace pour rendre visite au roi mais en revient à son Palais ; il fait escale sur le continent pour se faire soigner mais finit, comme les grands fauves, par revenir mourir sur ses terres, à Palerme. Tancredi et Angelica eux-mêmes en reviennent toujours au même endroit : ils parcourent le palais de Donnafugata mais reviennent au salon principal (dans le cyclone amoureux, ils ne cessent de se déplacer mais ne font que « tours, détours, poursuites »); Tancredi cherche pourtant à aller de l’avant en fuyant la circularité, en acceptant les Piémontais et en se rendant en Italie mais en revient toujours à son île natale. On n’échappe pas aussi facilement à la Sicile… Enfin, on constatera que le roman se clôt par un retour dans le lieu de la prière, où il s’était ouvert : le salon aux fresques antiques, aux perroquets et aux singes.
NB : l’idée est proche de celle d’un autre auteur insulaire que Lampedusa admirait, l’Irlandais Joyce. Son grand roman Ulysse est une fausse odyssée truffée de retour sur soi, emblématique du comportement des Dublinois, incapables de quitter leur ville. Thématique dès lors de la paralysie irlandaise que l’on retrouve au cœur de Dublinois (recueil de nouvelles)


- Si les Siciliens ont tant de mal à sortir de la circularité, c’est aussi qu’ils vivent au rythme d’une nature qui, elle aussi, fonctionne par cycles. Rituellement, le mois d’août est sec, la Saint-Martin torride après les orages de la fin de saison. au cours même de l’année, on voit le retour de cycles plus courts : la pluie était venue, la pluie était repartie »… et c’est ainsi depuis la nuit des temps. La Sicile, en fait, ne bouge pas : les hommes changent mais pas le pays qui offre toujours le même paysage d’année en année : « le maquis suspendu aux pentes des collines demeurait dans le même état de chaos aromatique où l’avaient trouvé les Phéniciens, les Doriens, les Ioniens quand ils débarquèrent en Sicile, cette Amérique de l’antiquité. […] Ils (le prince et Tumeo) voyaient les mêmes objets, une sueur tout aussi visqueuse mouillait leur vêtement »
- L’histoire a alors bien du mal à avancer dans l’île. ce sont en fait toujours les mêmes événements qui interviennent, là encore rituellement, et le changement n’est en fait qu’apparent. Les Piémontais ne font partie que des vagues d’envahisseurs qui, de temps à autre, cherchent à soumettre l’île : « il y a au moins 25 siècles que nous portons sur nos épaules le poids de civilisations magnifiques, toutes venues de l’extérieur », comme le rappelle Fabrizio à Chevalley, explicitant ainsi son idée : « combien d’imams musulmans, combien de chevaliers du roi Roger, combien de scribes des Souabes, combien de barons d’Anjou, combien de légistes du roi catholiques ont conçu la même admirable folie », celle de vouloir inféoder l’île. Les Piémontais seront d’ailleurs suivies par d’autres puissants, dont seule change la couleur de la chemise : « quand elles auront disparu, on en verra d’autres de couleurs différentes, et puis de nouveau, on verra les rouges » (allusion aux chemises noires des fascistes et aux chemises rouges des communistes, qui s’imposent en Italie après 39-45).


- Dans ce système, l’individu lui-même semble n’être qu’une redite des ancêtres qui l’ont précédé. Aussi n’y a-t-il pas un Fabrizio mais toute une lignée de Fabrizi : « il se surprit à regretter les possibilités des Fabrizio Salina et des Tancredi Falconeri qui vivaient trois siècles plus tôt ». La thématique de l’hérédité est alors importante : chaque être est tributaire de la famille dans laquelle il est né, dont il ne cesse de répéter les caractéristiques ou les fonctionnements. Chevalley est ainsi « bureaucrate par hérédité », de même que, pour Pironne, les nobles « n’agissent pas par ostentation mais par une sorte d’atavisme mystérieux »
- Au final, les êtres se succèdent en sont en fait tous semblables. C’est-à-dire que, qui que l’on soit, on est homme voué à disparaître. Un nouveau cycle se met en place, celui qui fait se succéder vie et mort, qui ne cessent de s’entremêler, de se croiser. En fin de compte, le même destin se répète pour chacun, ce qui donne une idée de la vanité que l’on met à vouloir considérer son existence comme primordiale. C’est ce que comprend Tancredi à la fin du cyclone amoureux. Le fouet taché de sang découvert dans un placard du palais renvoie au jeune homme une image des désirs qui peuvent l’animer. Il se projette dans celui qui s’en est servi, sans doute un libertin du XVIIème, un être sensible, dont le monde n’a retenu qu’un vieil objet perdu dans un vieux meuble ? Et sans doute Tancredi voit-il son destin inscrit dans cette découverte morbide : raison pour laquelle, dans une pulsion de vie qui tend çà faire oublier la mort, il se jette goulûment sur Angelica qu’il embrasse sauvagement. C’est ce que Lampedusa appelle la « double servitude de l’amour et de la mort », qui se répercute pour chacun.


- ce motif du cercle trouve une correspondance littéraire dans la danse du bal, dont on sait que Visconti a tiré le morceau de bravoure de son film. Le prince refuse tout d’abord la mazurka (une danse d’origine étrangère, qui n’a rien à voir avec la tradition sicilienne) pour préférer une valse, bien plus conforme à sa force physique déclinante, et à aux usages des vieilles familles de Palerme. Le prince préfère le confort de la danse que l’on a le plus dans é dans la caste à laquelle il appartient. Surtout, la valse est une danse où l’on tourne toujours sur soi-même, où le même tempo revient éternellement, à l’image de la conception d’un temps répétitif que le Prince reconnaît. C’est d’ailleurs l’idée qu’il associe à la danse : « les valses, dont les notes traversaient l’air chaud, lui semblaient la stylisation du passage incessant des vents en deuil, jouant de la harpe sur la plaine assoiffée, aujourd’hui, demain, toujours, toujours ». c’est là une conception pessimiste de la vie qui se laisse deviner, accompagné de ce vent qui, comme dans le cinéma de Fellini (la magnifique fin de Otto e mezzo par exemple, ou de Amarcord), rajoute une forte impression de mélancolie.
- Et le style de Lampedusa ? Lui aussi semble préférer la tradition aux innovations romanesques de l’époque (rappel : en France et en Italie, nous sommes en plein nouveau roman). Il privilégie un personnage principal, n’éclate pas outre mesure le récit, la langue ornée et très adjectivale fait retour à la fin du XIXème plus qu’elle n’est innovante. surtout, l’écriture de Lampedusa semble tourner sur elle-même. Elle ramène de loin en loin les mêmes motifs qui deviennent autant de métaphores obsédantes. Le soldat mort revient à la mémoire du prince lors de la vaste analepse de la fin de sa vie, qui invite à relire le roman. Le cheval qui crève, possible projection de l’importance de la mort dans le roman, revient lors de la fuite de Chevalley et dans la comparaison qui permet de donner une image morbide de la locomotive qui ramène le prince à Palerme. Les mêmes scènes reviennent : le séjour à San Cono et les amours d’Angelina renvoient à la Saint-Martin d’Angelica, et le prêtre, de retour de son périple, croise le prince dans la même situation qu’au chapitre 1, prêt à se rendre chez Mariannina.



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Posté par langeCvad le 16.05.2008
Voilà j'ai 2 sujets pour lundi sur le guépard le 1er est: Quelles fonctions ont les voyages et déplacements des personnages dans le roman?
et le second: Quelle importance ont les maisons et les objets dans le guépard?

J'aimerai être aidée sur le plan me donner des fils directeurs si cela et possible et que vous le voulez bien. merci beaucoup

romeo et juliette
Posté par marie le 18.05.2008
bonjour tout d'abord je trouve votre blog super il est vraiment utle ensuite j'ai un réel souci au niveau des figures de styles li faut que je trouve tous les oxymores et les figures de style de la pièce et je trouve cela assez difficile merci de m'aider si possible


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