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Nom du blog :
lettraugranier
Description du blog :
Une année de préparation du bac au lycée du Granier
Catégorie :
Blog Littérature
Date de création :
16.07.2007
Dernière mise à jour :
07.11.2012

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Début du film de Visconti

Début du film de Visconti

Publié le 09/04/2008 à 12:00 par lettraugranier
Questionnaire : première journée du Guépard ; version filmique de Visconti


Quelles allusions au contexte historique retrouvons-nous dans cette séquence ?
Rumeur lors de la messe et découverte du soldat mort ; lettre de Malvica ; discussions avec Tancrède et Pirrone : situation insurrectionnelle en Sicile (les feux sur la montagne) ; débarquement des 1000 de Garibaldi à Marsala – les Piémontais contre les Bourbons à la tête des Deux-Siciles ; ralliement d’une partie de la jeunesse sicilienne qui méprise « Fransceschiello », le « petit François »
NB : décalage temporel par rapport à Lampedusa : compression du temps puisque tous les événements sont annoncés après la célébration de la messe et que le soldat est découvert le jour du débarquement / en analepse dans le roman : efficacité du resserrement dramatique.

Commentez la façon dont la statue du jardin est filmée dans le générique
D’abord de face : un buste sans doute de déesse romaine ; puis de profil : continue à se détacher dans lumière dorée du début du film (fidélité au roman sur ce point) + sur le ciel très bleu de mai. Ms : on constate avec le nvel angle de vue que le nez est cassé et que la pierre est rongée : apparence de solidité des symboles de la vieille Sicile ms une dégradation est à l’œuvre.

Comment l’importance du débarquement de Garibaldi est-elle tempérée par Visconti ?
Réaction du Prince qui méprise son cousin / effet burlesque avec crise de nerfs de Maria-Stella, entourée par enfants et Melle Dambreuil ; on se replie dans prière frénétique ; le Prince lui aussi touché avec énervement : rythme plus haché avec des plans fixes qui se succèdent (et non plus les longs travellings du début), déséquilibre avec succession de plongées et contre-plongées. Une scène plus de boulevard qu’un moment de grave révélation. Un équilibre qui revient avec un plan fixe plus long où le prince reprend le contrôle et sort de la pièce : profondeur de champ qui permet l’allongement du plan ici.


Le palais des Salina regorge d’objets. Quelle symbolique leur accorder ?
Beaucoup d’œuvres d’arts et de livres (un des premiers plans à l’intérieur du palais : les personnages priant sont vus de l’embrasure d’une porte + 1/3 droit du plan occupé par une bibliothèque) : monde de l’esprit et du savoir en même temps qu’importance du passé ; énormément d’horloges et de sabliers : rappel du temps qui passe = relié à thématique de la mort ms aussi idée d’un temps circulaire, qui revient tjs sur lui-même= temps de l’immobilisme dans lequel se confine le Prince ; de façon générale : énormément d’objets circulaires, comme pour mieux témoigner de ce perpétuel retour au même qui est le temps de la noblesse sicilienne : globes, verres ballons, miniatures sur le mur, rideaux gonflés par le vent, escalier monumental…
Les longues vues : relation avec le caractère du Prince : capacité d’abstraction qui lui permet de prendre du recul et de tirer les conclusions du débarquement dans une vison historique et plus événementielle ; en même temps : idée que le Prince regarde toujours à distance le monde qui l’entoure et étant incapable de réellement y participer ; distance aussi avec la religion : les longues vues du côté du Prince, pas de Pirrone : agnosticisme du prince qui préfère expliquer le monde par la science que par la religion. Une image se dessine : le prince comme un homme du XVIIIème égaré au XIXème…
Importance des rideaux : effet esthétique certain avec notamment jeux de reflet sur les personnages dans la scène de la prière + symbolique également : joue comme un écran avec le monde extérieur ; pour pénétrer dans la maison, on est d’ailleurs entré par la fenêtre et on est passé de l’autre côté du rideau. Cependant : ces rideaux sont des voiles où sont entrouverts : ils laissent passer le vent qui souffle de l’extérieur (et qui gonflera, dans la scène suivante, les drapeaux tricolores exaltés par Tancrède) et ne sont pas une clôture définitive : le prince ne prétend pas ignorer le poids des événements extérieurs, il en prend acte même s’il reste à distance.

Comment Visconti se sert-il des miroirs dans la scène de rencontre entre Tancrède et Don Fabrice ? Quelles oppositions peut-on noter entre les deux générations ?
Premier plan : Tancrède comme reflet du Prince ; deux êtres proches avec même ironie et vision au final commune sur les évènements (cf dernière question) : le Prince est plus proche de Tancrède que de ses fils, silhouettes en arrière plan à qui ne parle jms ds le début du film.
Rapidement cpd : Tancrède se reflète seul dans un miroir, de même le Prince : narcissisme de deux êtres habitués à s’admirer et à être admirés (élégance de Lancaster en particulier, en pleine toilette ici ; Visconti gomme les détails de Lampedusa, comme la tache de café sur le gilet). Aussi distance qui se creuse entre les deux : Tancrède choisit l’action ; il représente une nouvelle génération qui se plie aux Bourbons et à leur « modernité » : Visconti joue avec le visage juvénile et glabre de Delon, opposé ici à la sature d’homme mûr de Burt Lancaster. Tancrède représente le mouvement : à peine le voit-on qu’il disparaît en courant, emportant tout dans son enthousiasme. Mvt inverse par rapport au début du film : on pénètre peu à peu dans la maison par un effet de resserrement, de la grille à la fenêtre ; Tancrède est celui qui sort de la propriété et se lance dans le monde. Le Prince reste sur la terrasse où il voit le cabriolet s’éloigner : c’est un observateur.


Lampedusa use beaucoup de l’antithèse. Montrez que Visconti le suit sur ce point, pour filmer un pays et des personnages eux aussi contrastés
Pays contrasté en effet : campagne montagneuse de la propriété et échappée à Palerme : pays rural donc où la ville n’est jms bien éloignée de la nature + cette ville semble assez sordide, même si c’est moins marqué dans le film que dans le roman : filmée de nuit, murs lépreux…
Contraste chez le Prince : versatile car capable de s’emporter et de retrouver rapidement son calme, capable de réactions épidermiques (se rendre chez sa maîtresse car sa femme fait une crise de nerfs) comme de recul (discussion politique avec Pirrone) : personnage à la fois sensuel et intellectuel, attaché aux plaisirs et au monde et détaché de ce qui l’entoure. Emblématique de son double caractère : sa relation avec Pirrone : affectueux mais critique, comme avec la religion : en prière dans la première scène puis pécheur (par la chair et par l’esprit).
Façon de filmer de Visconti : alternance des plans : plans fixes puis travellings ; ombres et lumières, en particulier quand le prince est filmé : le visage est illuminé mais souvent l’ombre le cerne ; mauvais présage sans doute sur le devenir de cet être pourtant solaire.
NB : inversion par rapport au roman : chez Visconti, le prince est celui que l’on filme le dernier lors de la prière…


Quel rôle la musique joue-t-elle dans le début du film ?
Musique de Nino Rota, habituel compositeur de Fellini. De facture assez classique, comme le film et le livre : musique symphonique.
Un thème majeur, qui se fait entendre dès le début : thème des Salina : tonalité majestueuse, assez grave ; rythme posé + thème se répète : là encore impression de circularité.
Un autre thème est utilisé pour Tancrède, plus léger, plus romantique, même si on retombe dans des sonorités plus graves quand il croise Concetta.
Le film est composé comme un opéra : Tancrède aurait un rôle de ténor, le prince serait plut^to une basse.




A la fin de l’épisode, quelle opinion le Prince a-t-il sur la situation historique ?
Opinion partagée avec Tancrède : mieux vaut se rallier aux piémontais que de s’exposer au risque de la république de Mazzini. Le changement perçu comme gage de stabilité : tout change mais rien ne change. On parle turinois plutôt que napolitain mais le Prince pense garder ses privilèges. De fait, on le laisse passer quand il rejoint Palerme de nuit, ce qui semble étrange le jour de ce que Pirrone nomme « révolution » : une Sicile qui, de toute façon, reste attachée à sa noblesse. Donc : on peut laisser faire. La devise de Tancrède : « changer pour que rien ne change » est traduite par le prince comme justification de son immobilisme.
Intuition de Pirrone cependant : changement financier ; la nouvelle classe dirigeante, à défaut de réformer, va chercher à s’enrichir sur le dos des anciens puissants, de l’église en particulier.